Il était une fois les Urgences

9782849933626

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Interne en médecine en 1994, Christophe Morisset doit effectuer plusieurs stages. Le premier ne l’emballe pas du tout, puisqu’il est affecté aux Urgences d’un hôpital. Contre toute attente, il prend goût à la médecine d’urgence, au travail en équipe, aux sorties Smur. Ce stage est une révélation pour lui.
Alors qu’il se destinait à la médecine générale, Christophe Morisset va passer 22 ans aux Urgences. Gérer une vingtaine de patients en même temps, sauter dans l’ambulance Smur en cas d’alerte, être hélitreuillé en montagne, réguler les appels du 15, etc. Voilà ce que fut son quotidien pendant toutes ces années.
Même si ce n’était pas toujours facile, médecins, brancardiers, aide-soignantes, ambulanciers et infirmières arrivaient à gérer et à soigner les patients. Initialement réservés aux urgences vitales, les Urgences et le centre 15 ont vu leurs conditions de travail se dégrader dans les années 2000 avec de plus en plus d’appels et de passages dans le service. Pourquoi ? En partie pour les raisons suivantes : diminution du nombre de médecins libéraux (numerus clausus, temps partiel), vieillissement de la population, fermeture de lits et de ­services hospitaliers, apparition de déserts médicaux. Sans compter un changement sociétal dans le besoin d’immédiateté…
Dans son livre, le docteur Christophe Morisset retrace son parcours et explique pourquoi les Urgences (et l’hôpital public) vont mal et quelles solutions pourraient permettre de leur redonner un peu d’oxygène.

164 pages / livre papier 15 € / livre numérique 6,99 €
ISBN 9782849933626
Lire un extrait :
Il etait une fois les urgencesIl etait une fois les urgences

Entretien avec l'auteur

Pouvez-vous nous dire ce qui vous a poussé à écrire ce témoignage décrivant votre métier de médecin urgentiste ?

J'ai passé 22 ans à exercer la médecine d'urgence dans un hôpital périphérique et j'ai cessé cette activité il y a 1 an, lassé et épuisé par les conditions de prise en charge de nos patients dans un service saturé en permanence. J'ai voulu raconter le quotidien des soignants d'un service d'urgence et tenter d'expliquer les raisons de la déliquescence du service de soin à l'hôpital public depuis de nombreuses années.

Avez-vous des regrets d'avoir quitté cette spécialité ?

Aucun d'être parti car j'avais le sentiment de ne plus pouvoir exercer correctement mon métier qui est ma passion. Mais des regrets de ne pas avoir réussi à infléchir cette descente aux enfers que nous avons commencé à observer au milieu des années 2000.

Qu'est-ce qui ne fonctionne pas aux Urgences ?

C'est multi-factoriel. La qualité de prise en charge des patients s'est dégradée à partir du moment où l'on a voulu transformer l'hôpital en entreprise pour faire de la rentabilité. Fermeture de lits, diminution des effectifs, réduction des matériels, etc.

La crise sanitaire actuelle semble vous donner raison.

Je suis pas surpris par ce qui arrive mais juste désolé. Nous alertons les directions et gouvernements dans le vide depuis de nombreuses années sur la situation critique des hôpitaux qui ne sont plus aptes à gérer ce type d'épidémie. C'était déjà le cas chaque hiver avec la grippe saisonnière.

Vous mettez pourtant de l'humour dans votre récit.

Quand c'est possible oui, car j'ai voulu décrire le quotidien dans sa réalité et nous essayons souvent de dédramatiser des situations pour pouvoir continuer à garder la motivation. Mais elle a fini par disparaître chez moi comme chez beaucoup d'autres. Mais j'ai souhaité décrire le plus justement possible la vie d'un service d'Urgences et ce que ressentent les personnels qui y travaillent.

Pensez-vous pouvoir générer un changement de mentalité avec ce livre ?

Je le souhaite plus que tout, mais j'ai peur qu'il ne soit trop tard. Notre bien le plus précieux en ce monde est notre santé et des personnes souhaitent le dénigrer, ce qui est insupportable.

Vous racontez beaucoup d'anecdotes de terrain dans ce livre. Elles sont parfois impressionnantes. Cette réalité quotidienne n'est-elle pas trop dure à supporter au bout d'un certain temps ?

C'est la beauté du métier et ce qui le rend passionnant, même si c'est parfois difficile. Ces anecdotes sont le reflet exact de ce que nous faisons chaque jour dans un service d'Urgences. Il est aussi important d'apporter un témoignage réel venant de l'intérieur. Mais c'est un métier passionnant.