Adrienne Bolland

9782849933060 1

Pilote pionnière de l’aviation de loisir française, Adrienne Bolland fut la première femme à traverser la Manche côté ­français, recordwoman de loopings, première femme à avoir survolé la Cordillère des Andes en 1921. Résistante avec son époux Ernest Vinchon pendant la Seconde Guerre mondiale, Adrienne Bolland est de ces héros qui inspirent le dépassement de soi.

L’auteure a fait connaissance d’Adrienne Bolland pour l’inauguration du lycée professionnel de Poissy, ce dernier voulant lui donner son nom en 1989. Elle s’est alors prise de passion pour cette femme extraordinaire et au caractère bien trempé. Elle vous invite donc à la suivre dans les nuages, auprès de cet oiseau irrévérencieux, mais qui a su montrer au monde qu’une femme valait bien deux hommes lorsqu’elle était accrochée à son manche à balai.

126 pages / livre papier 12 € / livre numérique 6,99 €
ISBN 9782849933060
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Entretien avec l'auteure

COMMENT J’AI FAIT CONNAISSANCE D’ADRIENNE BOLLAND en 1989

J’ai fait « connaissance » d’Adrienne Bolland en 1989, cela remonte donc à fort longtemps. Bien sûr, point directement de visu, puisqu’elle avait quitté ce monde quatorze années plus tôt.

Sollicitée par le directeur d’un lycée professionnel de Poissy (Yvelines), je me devais donc, selon sa demande, de tout rechercher sur la vie de cette aviatrice émérite afin que son nom soit donné à ce tout nouveau lycée professionnel. Suprême honneur, pour tout un chacun, que de voir son nom s’afficher au-dessus de la porte d’un bâtiment ou d’une rue, avenue, place ou de tout autre chose, pour vivre ainsi pour l’éternité dans la mémoire collective.

À l’époque, j’étais archiviste-documentaliste de la ville de Meulan et ce directeur, que je connaissais très bien de par notre mutuelle passion de l’Histoire, me contacta afin que je puisse tenter de débusquer des informations sur la Demoiselle volante comme il la nommait. Vaste défi qu’il me lançait là.

J’essayai donc de trouver qui était cette fameuse Adrienne, et recherchai tout d’abord des actes d’état-civil qui me donneraient, je l’espérais, d’autres renseignements sur sa vie de par le fait de mentions marginales ou par d’autres informations personnelles. Cependant qu’à l’époque de ma recherche, point d’Internet pour aider à la recherche, point de réseaux sociaux, uniquement le téléphone ou la correspondance ou, tout simplement, le déplacement dans les dépôts d’archives. J’avais l’habitude de cela et ce fut un jeu d’enfant !

Je pris donc mes cliques et mes claques et réussis à savoir qu’Adrienne Bolland était née à Cachan où je demandai, sans tarder, son acte de naissance qui me révéla d’ailleurs une curiosité de l’état-civil. Adrienne, contrairement au reste de la famille, portait deux « L » à son patronyme, au contraire du reste des membres de sa famille. Faute de l’officier de l’état-civil se trompant sur l’orthographe du nom ? A priori non, son père ayant fait enlever un « L » de leur nom, ayant eu quelques ennuis avec la justice à la fin du XIXe siècle. Lors de la naissance d’Adrienne, n’ayant plus rien à craindre, le patronyme reprend ses deux « L » et Boland redevient Bolland : la demoiselle allait donc bien avoir ses deux « L » pour se lancer dans le monde et cela lui servirait à merveille.

Je venais donc de m’embarquer sur un monoplan et traversai, bien sûr, quelques zones de turbulences qu’aurait sans doute appréciées notre intrépide héroïne. Avec pour seul passager mon petit bagage habituel de promenades tranquilles au travers des forêts historiques terrestres, il me fallut survoler un autre monde, non exploré jusqu’à présent pour moi : celui des Avionneurs.

L’horizon me parut, tout d’abord, complètement bouché ; des montagnes d’impossibilités à gauche, des plaines interdites à droite, il me fallait absolument trouver un passage menant à ceux qui l’avaient connue, aimée, détestée, côtoyée au cours de sa vie trépidante et, pourquoi pas, éveiller en eux des souvenirs joyeux ou quelque peu douloureux.

Après une bonne vingtaine d’appels téléphoniques, je finis pourtant par trouver la piste me permettant d’atterrir là où j’aurais dû frapper en premier : la porte d’un immeuble cossu du XVIe arrondissement de Paris, juste face à la Tour Eiffel, au 4 rue des Eaux. Tour Eiffel qu’Adrienne avait dû voir quelque peu construire, et près de laquelle elle avait vécu tant d’années en y laissant son empreinte indélébile.

Madame Bronstein, l’amie de toujours d’Adrienne, avait accepté de me recevoir avec beaucoup de gentillesse en compagnie de son fils et je ne les en remercierai jamais assez pour tout ce qu’ils allaient m’apprendre.

Par ailleurs, je contactai monsieur et madame Édouard Brobowski, travaillant à la Maison de la Radio (ORTF à l’époque), ceci sur le conseil de monsieur Bronstein.

Le couple était, en effet, auteurs d’un film sur Adrienne Bolland retraçant sa traversée des Andes en 1921. Ces derniers acceptèrent, sur ma demande, de venir en faire la projection lors de l’inauguration du lycée de Poissy à laquelle assistèrent de nombreuses personnes de l’entourage d’Adrienne, mais aussi le Président des « Vielles Tiges », m’ayant fait le grand honneur de répondre à l’invitation que je lui avais lancée. Également furent présents plusieurs membres de sa famille proche, tant côté Bolland que côté Vinchon, car la demoiselle avait épousé un autre aviateur, Ernest Vinchon, décédé lui en 1966.

De fil en aiguille, j’étais enfin arrivée à bâtir une exposition sur cette fameuse aviatrice avec de nombreuses photos confiées par monsieur Bronstein, photos inédites pour la plupart, des informations toutes aussi exceptionnelles, et grâce à ce fameux film où l’on revoyait Adrienne traverser la Cordillère des Andes à peine âgée de 21 ans et reçue avec tous les honneurs par le gouvernement chilien ; Chili où elle s’était posée après son exploit. Seul le consul de France ne s’était pas déplacé, croyant à un poisson d’avril ; effectivement, cette traversée venait d’avoir lieu le 1er avril 1921 !

J’attendis cependant plusieurs années avant de rédiger, noir sur blanc, la biographie de cette femme exceptionnelle, car elle ne s’était pas contentée de cet exploit extraordinaire, elle avait aussi traversé la Manche en 1922 et bien d’autres records encore que vous pourrez découvrir dans mon ouvrage et puis sa vie n’avait été qu’une suite d’évènements exceptionnels que j’avais encore à découvrir avant de publier : « Adrienne Bolland, La demoiselle des Nuages », ouvrage paru chez Coëtquen Editions en 2017.

Une fois cette biographie publiée, j’entrepris de faire connaître au plus grand nombre la vie de mon héroïne par de nombreuses conférences, telle celle donnée en la Base 105 d’aviation à Évreux devant un parterre d’officiers de l’aviation moderne et de M. le Colonel de la base en personne. Bien d’autres encore sur invitations, principalement dans les Yvelines.

Dans ces conférences, beaucoup de personnes viennent par curiosité, ne connaissant pas forcément cette aviatrice que des noms comme ceux de Maryse Bastié ou d’Hélène Boucher avaient quelque peu occulté celui d’Adrienne de la mémoire collective.

Je m’en suis aperçue encore dernièrement, le 18 octobre dernier, où au château de Dissay (dans la Vienne) où je donnais une ultime conférence sur elle devant là aussi un parterre de personnes ne sachant pas toujours qui elle était vraiment, elle fit l’étonnement de beaucoup ! J’eus également le grand privilège de réaliser cette conférence devant M. Hervé de Saint-Exupéry, arrière-petit-neveu du grand Antoine de Saint-Exupéry, qui ignorait qu’Adrienne Bolland avait, en tant que première femme, traversé la Cordillère des Andes.

Mon seul regret, concernant Adrienne Bolland, est de n’avoir pu rencontrer cette aviatrice exceptionnelle en personne.