La société vue de ma fenêtre

9782849932872 2

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A travers son témoignage, l’auteure, aveugle de naissance et maman de deux jeunes enfants, tente, avec sérieux et humour, de faire changer le regard de la société sur ce handicap encore trop mal connu. En emmenant les lecteurs visiter son quotidien, elle aimerait que l’on cesse de surhandicaper les aveugles et que l’on tienne compte de l’impact des paroles ou actes souvent disproportionnés et inappropriés qu’ils subissent.
Son seul souhait est de permettre à tout le monde de mieux vivre ensemble, dans la considération de l’autre et le respect de chacun.
Plongés dans une multitude de situations réellement vécues, les lecteurs pourront entrevoir son point de vue personnel et ainsi mieux appréhender les rapports entre voyants et non-voyants.


116 pages / livre papier 12 € / livre numérique 6,99 €
ISBN 9782849932872
Lire un extrait :
La societe vue de ma fenetrela-societe-vue-de-ma-fenetre.pdf

Entretien avec l'auteure

Votre livre est paru sur le marché en février 2017. Quel retour pouvez-vous nous faire de l’intérêt qu’il a suscité chez vos lecteurs ? Quel recul avez-vous au bout de 3 années ?

Drôle d’aventure que de lancer son livre sur le marché. Très excitant de proposer au public de partager un pan de vie si personnel. Les miros comme moi ont adoré mon témoignage, car ils ont pu réaliser qu’ils n’étaient pas les seuls à vivre toutes les situations que je décris et dont on n’ose pas parler, de peur de se faire taxer d’handicapé qui n’accepte pas son handicap. En ce qui concerne les lecteurs cibles, donc les personnes valides, la réception a été légèrement plus difficile. Il faut dire que je suis à contre-courant en dévoilant des choses dont personne ne parle habituellement. Je mets en lumière des sujets tabou, je casse des idées préconçues, je perturbe certainement beaucoup mais je le fais avec autant d’humour que je le peux et surtout, avec toute ma sincérité. J’ai été très bien accueillie à chaque présentation que j’ai pu faire et les échanges ont toujours été très agréables. Il n’y a rien de tel que le dialogue pour que tout le monde se comprenne. Je pense vraiment que mon livre a quelque chose à apporter pour permettre à chacun de trouver sa place dans la société, juste en s’écoutant les uns les autres.

Je reçois de temps en temps des appels d’étudiants qui ont une thèse à faire sur le handicap visuel, ou sur la parentalité des personnes handicapées. Des journalistes de certains magazines comme Femme Actuelle m’ont également contactée pour un article. Des scénaristes, qui projettent de monter un long-métrage mettant en scène un couple de non-voyants devenant parents, qui avaient besoin de conseils pour reproduire la vraie vie à l’intérieur d’une fiction, sont tombés sur mon livre grâce à un moteur de recherche, l’ont lu et ont souhaité me rencontrer. Chaque année, je suis surprise d’entendre parler de mon livre, alors que je le crois oublié. Mais il faut croire qu’il intéresse suffisamment pour se retrouver à de multiples reprises entre les mains des personnes qui travaillent sur les comportements sociaux !

Pensez-vous que votre message aura un jour des répercussions ? Pensez-vous qu’un jour, il portera ses fruits ?

Oui. Je pense que s’il y a une chose à laquelle nous sommes obligés de croire et d’obéir, c’est bien le temps. Seul le temps fera son travail d’acceptation. Lorsque j’étais toute petite fille, la société commençait tout juste à comprendre que les aveugles pouvaient aller à l’école et surtout, avoir un niveau scolaire égal à n’importe quel valide. Aujourd’hui, c’est acquis. Maintenant, on est plusieurs à exprimer ce souci d’intrusion dans nos vies comme si nous n’étions que des objets à qui l’ont peut tout dire sans se soucier de l’effet que ça aura sur nous : nous bébéifier, nous tutoyer dans la rue comme si nous étions des enfants, nous attraper le bras sans nous parler en nous déviant de notre trajectoire, bref, je ne vais pas réécrire le livre. Nous crions également aujourd’hui qu’être parent non-voyant est une chose normale, que nous y arrivons très bien et que nous ne méritons pas les mauvais jugements qui peuvent circuler à ce sujet. Je pense que d’ici une vingtaine d’années, on récoltera les fruits de nos efforts d’aujourd’hui. Rien ne peut stagner, car le temps ne s’arrête pas. Et le temps, c’est de l’évolution, on ne peut rien contre ça. J’y crois.